Le 15e couturé, balafré, scarifié

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Voir la vidéo à 1h27

Lors de la réunion du conseil d’arrondissement du 24 octobre, la majorité a déposé un vœu pour dénoncer l’état déplorable des trottoirs parisiens depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement de voirie. Notre collègue Franck Lefèvre a présenté ce vœu, répondant à mes interrogations.

Nation, foi… La fierté n’a rien à voir là-dedans !

C’est encore à l’aventure politique d’Emmanuel Macron que je consacre ce nouveau billet. Tout spécialement à une phrase qu’il a prononcée hier soir, lors de sa réunion publique tenue à Montpellier. Ce propos ayant été relayé par un compte Twitter soutien de l’intéressé, je n’ai pas de scrupule à le prendre tel quel, sorti de son contexte. Je cite, donc, Emmanuel Macron : « Notre combat, c’est que les Français musulmans soient toujours plus fiers d’être français que d’être musulmans. » De sa part, je l’avoue, j’attendais un peu plus de sens de la nuance. Un peu plus de compréhension de la complexité humaine… et aussi d’exigence démocratique. Pourquoi cette proposition est-elle non seulement trop facile dans son énoncé, mais, surtout, absurde ? Elle est facile parce que séduisante en apparence pour ceux qui se payent de mots. Elle est absurde parce qu’il n’y a aucun sens à demander à quelqu’un d’être « plus fier » de tel élément constitutif de sa culture et de sa personnalité que de tel autre ; en l’occurrence, d’être « plus fier » de sa patrie que de sa foi. Il ne s’agit pas ici de deux allégeances par hypothèse contradictoires, mais d’un côté du rapport de l’individu au collectif dans son acception la plus large et, de l’autre, de son rapport à la transcendance, à l’intime et au communautaire. Le principe de tolérance sur lequel repose la démocratie libérale offre précisément aux citoyens de ne pas avoir à choisir entre leurs sentiments profonds et leur appartenance à la cité, pourvu qu’ils en respectent les lois. Or, c’est bien sur le terrain de la loi, donc de la raison, qu’il faut replacer ce débat. Rendons justice sur ce point à Emmanuel Macron, qui, malgré sa sortie très maladroite sur la « fierté », en a aussi parlé. L’enjeu pour les Français de foi musulmane ne se situe heureusement pas dans la nécessité qu’il y aurait de se sentir « plus fier » de l’un de ces deux éléments constitutifs de leur personnalité par rapport à l’autre. Il consistera plutôt à réaliser la « gallicanisation » de l’Islam en réfutant les pratiques non conformes à la loi française, par opposition, pour parler en raccourcis et en images, à une sorte d’ « ultramontanisme » inspiré de courants rétrogrades nés loin de nos démocraties. Il est en tout cas certain que les formule-chocs et autres appels à la « fierté » auront pour seul effet d’exalter les uns et de crisper les autres… sans rien résoudre des problèmes, bien réels, qui se posent à nous.

Contribution à l’enquête publique sur le projet de tour Triangle

L’enquête publique destinée à évaluer l’impact environnemental du projet de tour Triangle a pris fin le 14 octobre. Voici la contribution que j’ai adressée au président de la commission d’enquête. Je publie à la suite celles du maire Philippe Goujon, du député Jean-François Lamour et de mon excellent collègue conseiller d’arrondissement Olivier Rigaud.

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enquete-tour-triangle-contribution-2À lire :

Contribution du maire Philippe Goujon

Contribution du député Jean-François Lamour

Contribution d’Olivier Rigaud

Engorgement des prisons : réponse à Gaspard Koenig

logo-cercle-les-echosBillet publié dans Le Cercle Les Échos le 12 octobre 2016

Dans une tribune publiée dans Les Échos du 28 septembre, Gaspard Koenig suggère de désengorger les prisons en privilégiant l’amende monétaire pour des infractions de faible gravité. Il relaie en cela les travaux de l’économiste Emmanuel Combe et se fonde sur une lecture pour le moins personnelle du pénaliste Beccaria. Sa démarche pose de bonnes questions (surpopulation carcérale, utilité de la peine), mais n’apporte pas, à mon avis, les bonnes réponses, opérant une confusion entre les notions de sanction et de réparation. Lire l’intégralité de ce billet dans Le Cercle des Échos.

 

 

La grande réforme du statut de Paris n’est pas pour aujourd’hui

logo-le-monde-frTribune publiée sur LeMonde.fr le 10 octobre 2016

Dans une tribune publiée cet été en soutien au futur projet de réforme du statut de Paris, les parlementaires socialistes de la capitale s’érigeaient en restaurateurs des libertés municipales. Ils n’hésitaient pas alors à convoquer le souvenir d’Étienne Marcel, comme si le texte bientôt porté sur les fonts baptismaux par François Hollande et Anne Hidalgo était une sorte de refondation. Or, un bref survol de l’histoire municipale de Paris montre que nous sommes loin du compte.

Pour comprendre la spécificité de la municipalité parisienne, il faut remonter le cours du temps jusqu’aux rois capétiens. La période qui s’ouvre alors, concomitante à l’apparition de la structure communale en Occident, est caractérisée à la fois par l’affirmation de la monarchie dans l’enceinte de Paris et par l’ascension de la bourgeoisie marchande. Elle campe le contexte dans lequel s’élaboreront les institutions municipales, dans une forme de confrontation entre le pouvoir central et les aspirations d’un peuple désireux d’exercer lui-même les prérogatives municipales. Depuis le tournant du XIVe siècle jusqu’à l’élection de Jacques Chirac, en 1977, l’histoire de la capitale fut ainsi marquée par la mainmise de l’État sur la Ville, et ponctuée par de fugaces réapparitions de la mairie de Paris, à la faveur des mouvements révolutionnaires.

Le statut actuel de Paris fut réglé en 1982. La fameuse loi Paris-Lyon-Marseille dote les trois plus grandes villes de France d’un conseil municipal et de conseils d’arrondissement, ainsi que d’un mode de scrutin pour le moins baroque. À Paris, la situation juridique est encore plus complexe, la compétence de l’État demeurant pour la tranquillité publique, la sécurité civile et la circulation.

Assurément, le projet de loi soumis à l’examen des sénateurs à partir du 11 octobre ne parachèvera pas la remunicipalisation des institutions parisiennes. Si l’on veut bien passer sur ses aspects les plus anecdotiques (récupération par la municipalité de la police des baignades), les plus technocratiques (fusion de la Ville et du département), les plus politiques (regroupement des quatre premiers arrondissements et transfert mécanique d’un siège de conseiller de Paris de la droite vers la gauche) et les plus « acrobatiques » (implantation de casinos dans la capitale), on verra qu’il ne reste pas grand-chose à ce texte – en tout cas aucune des trois catégories de mesures qui auraient pu en faire la « grande réforme » du statut de Paris.

Premièrement, le projet de Mme Hidalgo maintient en l’état un mode de scrutin proprement aberrant, capable de transformer une minorité de voix en une majorité de sièges. Il est surprenant, à vrai dire, que la maire de Paris n’ait pas souhaité porter cette réforme-là, symboliquement la plus importante.

Deuxièmement, le projet de Mme Hidalgo ne crée pas une véritable police municipale. Aujourd’hui, à Paris, la police nationale est focalisée sur ses missions de police judiciaire et de maintien de l’ordre, au détriment de la lutte contre les petites infractions et incivilités du quotidien. Dans les quartiers populaires, où le besoin de lien social est le plus important, comme dans les quartiers touristiques, où les vols à la tire et la mendicité agressive mobilisent les forces de l’ordre, il faut un corps d’agents au contact de la population. La réforme du statut de Paris aurait pu, aurait dû être l’occasion d’acter ce principe, comme le proposaient notamment Philippe Goujon et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Troisièmement, le projet de Mme Hidalgo ne revoit pas la répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement. En l’état actuel des choses, ces dernières ne sont pas outillées pour satisfaire les demandes de leurs administrés. Sur les questions liées au développement urbain, elles rendent un avis seulement consultatif. Pour les problématiques du quotidien, elles échangent, certes, avec les services, mais ne peuvent pas leur donner d’instructions. Dans un contexte de réorganisation des attributions en Ile-de-France entre l’échelon régional et l’échelon municipal, il aurait été utile d’engager une réflexion approfondie sur le niveau pertinent d’exercice des compétences municipales.

Au total, le projet de Mme Hidalgo se focalise sur des mesures dont certaines sont opportunes, mais n’en sont pas moins accessoires par rapport à ce qui forme le cœur de la municipalité parisienne. Dans ce texte a minima, annoncé en cours de mandature, on ne trouve pas trace d’une réflexion particulière de celle qui fut, treize années durant, première adjointe au maire de Paris. Qu’à cela ne tienne, il appartiendra à un autre maire, ou plutôt à un autre candidat à la mairie, de parachever l’évolution institutionnelle de Paris, dont les libertés municipales resteront, pour un temps encore, rognées aux encoignures.

Pour l’entretien des viaducs de la petite ceinture ferroviaire du 15e

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Voir la vidéo du conseil d’arrondissement du 12 septembre

Parmi de nombreux autres sujets (rentrée scolaire et sécurisation des établissements, réforme de la caisse des écoles, demande d’indemnisation de commerçants affectés par le fonctionnement de la Fan Zone, etc.), les débats lors du conseil d’arrondissement du 12 septembre ont notamment porté sur les conséquences de l’implantation d’un centre d’hébergement d’urgence au 28, rue du Colonel Pierre Avia (voir la vidéo à partir de la 59e mn) et sur l’avenir de la petite ceinture du 15e, partiellement transformée en promenade végétalisé (voir la vidéo à partir de 2h). S’agissant de ce deuxième point, nous avons, avec Claire de Clermont-Tonnerre, réitéré notre demande d’entretien des ponts-rails du 15e (place Balard, rue Desnouettes et rue de Vaugirard), qui présentent une image déplorable d’entrées de Paris par ailleurs en pleine rénovation. « Sur la question de l’entretien, je partage, une fois n’est pas coutume, ce que vient de dire Alphée Roche-Noël », a répondu le conseiller de Paris socialiste Claude Dargent, a la surprise générale…

La place Henri Rollet, entre histoire et avenir

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Voir la vidéo à partir de 1h16mn

La réunion publique consacrée au Budget participatif pour 2017 a été l’occasion de présenter brièvement l’ensemble des projets soumis au vote des Parisiens jusqu’au 2 octobre. Et de revenir notamment sur les raisons qui ont conduit la commission ad hoc à ne pas retenir l’idée de requalification de la place Henri Rollet, déposée par le conseil de quartier Vaugirard/Parc des Expositions. Cœur historique du 15e arrondissement, comme l’a rappelé le maire Philippe Goujon, cette place située à la jonction des rues de Vaugirard et Desnouettes avait fait l’objet d’un premier diagnostic au début de l’année par le conseil de quartier, qui souhaite la rendre plus attractive et peut-être y développer du mobilier urbain connecté. Répondant à une question de Rémy Clauvel, citoyen engagé, particulièrement actif dans la promotion de la rénovation du Bas-Vaugirard, j’ai indiqué que le conseil de quartier prévoyait de déposer une idée plus aboutie dans le cadre du Budget participatif 2018.

« Né en décembre 2000 »

« Né en décembre 2000 ». Voilà ce qui frappe dans les premiers éléments d’identité révélés sur un jeune homme arrêté ce samedi et suspecté d’avoir voulu commettre un attentat à l’arme blanche, dans un lieu public de la capitale. À quinze ans, c’est sûr, on cherche les limites, et il arrive qu’on fasse des bêtises – rarement irréparables. Mais dans quel pays, dans quelle secte, dans quel univers mental délabré, peut-on, à l’âge de quinze ans, se préparer consciemment à tuer d’autres êtres humains, qualifiés pour les besoins de la cause de « kouffars » ? La date de naissance frappe également parce qu’elle précède de quelques mois des attentats du 11 septembre 2001, dont l’Amérique toujours endeuillée célèbre cette semaine le triste anniversaire. Le vrai danger, le vrai défi est là, dans cette réalité que nos yeux mal décillés peinent encore à distinguer. Ainsi, la génération venue au monde dans la fumée et dans la poussière des tours jumelles, dans la disparition des mirages millénaristes et de l’illusion de la fin de l’Histoire, la génération élevée dans la fameuse « école de la République, gratuite, laïque et obligatoire », à une époque où le débat politique se focalisait déjà de plus en plus sur les banlieues, sur le « sentiment d’insécurité », sur l’immigration, sur l’Islam, et reléguait paradoxalement dans les oubliettes de la pensée les données économiques, sociologiques, éducatives et psychologiques de problèmes réduits, de ce fait, à leur plus simple expression ; cette génération, donc, renferme en son sein des gamins suffisamment perdus pour se laisser piéger par le fanatisme islamiste et sa logique meurtrière. Combien sont-ils, ces adolescents paumés, sans repères, « engrénés » par leur entourage, manipulés par des directeurs de conscience qui les voient comme de la chair à canon pour servir leurs projets malades, et finalement devenus une menace pour eux-mêmes et pour le monde ? Il est certainement difficile de l’estimer… Cependant, ce seul cas, terriblement emblématique, est comme une ombre sur l’avenir, parmi les autres qu’il nous faudra dissiper.