Optimisme de la volonté

Michel Onfray nous propose de commencer l’année 2017 sous d’encourageants auspices avec un ouvrage sobrement intitulé Décadence, dont l’argument principal serait « la fin de la civilisation occidentale ».

Sans émettre le moindre avis sur ce livre à paraître, je constate seulement qu’il rejoint un rayon toujours enrichi de titres aux accents prophétiques où sont recensées, pêle-mêle, les causes supposées d’un déclin tenu pour inexorable. Cette littérature n’est pas dénuée de fondements : assurément, ceux qui avaient prévu l’avènement d’une paix universelle permise par la démocratie libérale et l’économie de marché se sont lourdement trompés dans leurs calculs.

Cependant, l’avenir est-il aussi sombre que le prédisent les auteurs de ces  succès de librairie ? Comme toutes les époques de mue, la nôtre est certes pleine de dangers… mais elle regorge tout autant de possibilités nouvelles! Voilà en effet que la multiplication – réelle – des risques pour nos sociétés nous enjoint de créer les conditions d’un sursaut tendu vers une prospérité partagée et durable, vers une compréhension plus grande entre les peuples et entre les individus. Voilà que nous sommes obligés de faire œuvre de discernement pour préserver ce que nous jugeons essentiel en procédant aux changements que nous savons inéluctables.

Face à ces défis immenses, l’obsession nostalgique entretient la dépression collective plus qu’elle ne génère de véritable solution. Alors, en cette année électorale, plutôt que de pleurer les temps révolus, puissions-nous faire nôtre la fameuse formule de Gramsci : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». N’est-ce pas justement la raison d’être de la politique ?

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