Erdogan se sert de la France pour taper sur l’Europe

Attention : politique fiction.

Pour des motifs d’ordre public, le gouvernement allemand refuse la tenue, sur le territoire de la République fédérale, de deux rassemblements favorables à la réforme constitutionnelle destinée à renforcer les pouvoirs du président turc Erdogan. L’Allemagne est alors insultée ouvertement par la Turquie qui évoque des « pratiques nazies ». Quelques jours plus tard, ce sont les Pays-Bas qui s’opposent à la venue, pour des motifs identiques, de deux ministres turcs, provoquant l’ire d’Ankara. La France est également sollicitée, devant accueillir une réunion publique de même nature à Metz. [Incertaine sur la conduite à suivre, la préfecture de Moselle interroge le gouvernement. Le sujet, brûlant, remonte jusqu’à l’Élysée, et la décision est prise de ne pas permettre la venue du ministre « au nom de la solidarité de l’Union européenne ». En se tenant ainsi solidaire de l’Allemagne et des Pays-Bas, le gouvernement de la France, État fondateur de l’Union, conscient de ses responsabilités devant l’histoire, a, d’un geste discret mais décidé, esquissé le début d’un commencement de ligne diplomatique commune. Paris est bientôt rejoint par Copenhague ; l’Union européenne, ensemble politique de 450 millions de citoyens, s’est montrée capable de parler d’une seule voix, au nom des valeurs qui sont les siennes.]

Naturellement, il n’a rien été de tout cela. L’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark ont certes tenu leur ligne. Mais, jugeant que le risque de trouble à l’ordre public n’était pas avéré, le gouvernement français a considéré le ministre turc comme n’importe quel touriste en vadrouille. Et le chef du Quai d’Orsay a répondu avec une mollesse proche de la liquéfaction aux menaces inacceptables adressées par Erdogan aux Pays-Bas – récoltant en retour les remerciements duplices du président turc, trop heureux de pouvoir jouer la division.

« Quand l’Europe ouvre la bouche, c’est pour bâiller », avait dit François Mitterrand en 1977. Il est regrettable que ses lointains successeurs du Parti socialiste français, pourtant pro-UE revendiqués, continuent leurs bâillements, à s’en décrocher la mâchoire.

Nous en avons parlé dans la Question du Jour, sur Radio Notre-Dame :

Actualité et projets d’avenir aux Frères Voisin et au jardin Blanc

Voir la vidéo du conseil de quartier Citroën/Boucicaut du 21 février 2017

Cette réunion consacrée essentiellement au parc André Citroën a été l’occasion de dire l’opposition de la mairie du 15e arrondissement à toute réduction des crédits prévus en début de mandature pour la rénovation du parc, comme le rapporte cet article du Parisien. Mais aussi de défendre le projet du conseil de quartier au titre du Budget participatif, partagé avec d’autres acteurs locaux, pour faire du jardin Blanc/Caroline Aigle le cœur battant de notre quartier.

Voir la vidéo du conseil de quartier Vaugirard/Parc des Expositions du 20 février 2017

Le conseil de quartier Vaugirard/Parc des Expositions est revenu aux Frères Voisin après la fête de quartier qui s’y était tenue en juin dernier pour parler de l’actualité et de l’avenir de ce secteur « hors les murs » mais partie intégrante de l’arrondissement. Présentation du projet de création d’une résidence étudiante au 28, rue du Colonel Pierre Avia et annonce du projet de résidentialisation de l’ensemble immobilier Paris Habitat ont été parmi les principaux sujets abordés.

Hidalgo : bilan critique de mi-mandat

Dans quelques semaines viendra le temps du bilan de mi-mandat pour Anne Hidalgo. Trois ans après l’élection municipale, l’essentiel des priorités développées dans son programme a reçu au moins un commencement d’exécution, nous offrant de jeter un œil à la fois rétrospectif et prospectif sur la mandature et de proposer un contrepoint critique à ce dont la maire de Paris se prévaudra bientôt, à grand renfort de communication.

Plusieurs dossiers mériteraient l’attention du public, au premier rang desquels la fermeture des voies sur berges rive droite, symbole d’une politique menée sans concertation ni vision d’ensemble de la région-capitale. Au-delà de ce sujet abondamment commenté depuis l’automne, trois autres sont déjà particulièrement emblématiques de la « gestion Hidalgo », ou du moins appelés à le devenir d’ici à 2020 : la politique du logement et ses conséquences contre-intuitives, la lutte poussive contre la malpropreté et les incivilités et les maigres évolutions apportées à la gouvernance de Paris.

Logement : une politique au bulldozer. Parmi les mesures annoncées en 2014, le logement tenait la première place. On serait mal inspiré d’en blâmer Anne Hidalgo, tant il est vrai qu’une politique volontariste est nécessaire pour permettre aux Parisiens de se loger décemment et pour maintenir le dynamisme démographique de la capitale, dans un contexte de forte pression sur le marché locatif et d’excès des locations saisonnières de type Airbnb. Ce sont plutôt les modalités de mise en œuvre de cette priorité qui encourent la critique : le tout-social, avec un objectif de 30 % des résidences principales à horizon 2030… et encore une fois sans vision d’ensemble du Grand Paris, malgré les perspectives ouvertes par la création du super-métro. Déjà, Bertrand Delanoë avait impulsé la remontée en puissance de la production de logements sociaux, déterminé à atteindre le seuil SRU de 20% à la fin de sa seconde mandature, soit six ans avant la date butoir fixée par la loi. Or, pendant la même période, non seulement le nombre de personnes inscrites sur le fichier des demandeurs n’a pas diminué, mais il n’a cessé de croître, de 100 000 en 2001 à 135 000 en 2014. Début 2016, 219 000 personnes étaient inscrites sur le fichier régionalisé. Le nombre de demandeurs a donc progressé plus vite que le nombre de logements locatifs sociaux créés. Est-ce là un succès à porter à l’actif de M. Delanoë, qui justifierait que l’on poursuivît dans la même voie, sans s’interroger sur les effets d’une politique conduite au volant d’un bulldozer ? Certainement pas. Pourtant, loin de questionner la méthode de son prédécesseur, Mme Hidalgo appuie sur l’accélérateur de l’engin fou : si l’on met en parallèle les objectifs affichés par la ville et l’évolution tendancielle du nombre de permis de construire délivrés chaque année, on peut estimer à environ 142 500 le nombre de logements sociaux à produire intra-muros dans les treize prochaines années. Avec des « externalités négatives » prévisibles : raréfaction de l’offre privée due à la part des préemptions dans la production totale de logements sociaux et création d’un parc social pléthorique générateur à moyen et long terme de coûts importants pour la collectivité (financiers, économiques et sociaux). Sans compter qu’en plaçant la barre très haut en matière de construction, Anne Hidalgo privilégie clairement le bétonnage contre la qualité de vie. Aussi longtemps qu’elle sera maire de Paris, chaque pouce de terrain disponible, chaque espace de respiration sera exploité. Et ce ne sont pas les quelques arpents piètrement végétalisés offerts aux écologistes en échange de leur ralliement en 2014 qui y changeront quoi que ce soit.

Malpropreté, incivilités : le point noir de la mandature ? Il suffit de baisser les yeux pour s’en rendre compte : Paris est de plus en plus sale. Dans tous les quartiers, c’est une impression de laisser-aller qui domine, à rebours de l’image que devrait renvoyer la capitale de la France. Les irréductibles qui continuent de prendre la ville pour une décharge à ciel ouvert expriment d’une manière peu glorieuse le caractère insoumis parfois prêté aux Parisiens. Au-delà de la malpropreté, ce sont toutes les formes d’incivilités qui, au cours des dernières années se sont développées ou enkystées. En application d’une promesse de campagne assez évasivement décrite dans son programme, Anne Hidalgo a certes créée une « brigade anti-incivilités » chargée notamment de dresser des p.v. Mais en vérité, il y a peu d’espoir que cette réforme donne des résultats spectaculaires, car elle n’est ni politiquement ni matériellement portée comme une priorité. L’enjeu est pourtant suffisamment sérieux pour qu’un candidat à la mairie de Paris soit un jour élu sur un programme qui aurait pour thème : faire de Paris une ville propre, où les gens respectent leur environnement et se respectent les uns les autres.

La gouvernance, impensé des années Hidalgo. Le renouvellement de la gouvernance parisienne devrait rester le grand impensé des années Hidalgo. Pas une ligne sur le statut de Paris dans le programme de celle qui aurait eu tout loisir, lorsqu’elle était première adjointe de Bertrand Delanoë, de méditer l’évolution institutionnelle de la capitale à travers les siècles pour en prévoir de nouveaux développements. Ce travail aurait pu déboucher sur la création d’une police municipale destinée précisément à lutter contre les incivilités et à assurer une présence dans nos quartiers, mais aussi à la décentralisation des compétences de proximité au niveau des mairies d’arrondissement, améliorant le service rendu aux contribuables parisiens, notamment pour les petits travaux de voirie. Au lieu de cela fut présenté au Parlement un texte inopportun, bâclé, au petit pied, prévoyant la fusion des quatre premiers arrondissements pour des considérations d’arithmétique électorale, le rapatriement de la  police du stationnement et des baignades et, au passage, l’autorisation de l’expérimentation des casinos – le tout sous couvert de réaliser une « conquête démocratique » – excusez du peu. Sur ce chapitre de la gouvernance on peut voir dans l’institution du budget participatif une évolution positive, à quelques réserves près… mais cette nouveauté est bien peu de chose par rapport aux occasions manquées.

Il serait prématuré de refuser quitus de sa gestion à Anne Hidalgo. Le souci de l’honnêteté et de la complétude doit d’ailleurs nous conduire à supposer que, parmi les nombreux chantiers de tous ordres qui ont été ouverts depuis le début de son mandat, certains pourront être portés à son actif. D’autres, au contraire, que je n’ai pas mentionnés, sont de nature à alourdir son passif. Pendant la première moitié de son mandat, la maire de Paris a confirmé sa bonne connaissance des dossiers parisiens. Élue « du cru », poussée sur le devant de la scène par Bertrand Delanoë, ce qui n’ôte rien à ses qualités propres, elle avait eu la préparation nécessaire pour le poste. Mais au total sa politique apparaît teintée d’idéologie, destinée plus à marquer le débat national qu’à répondre aux attentes des Parisiens qui l’ont élue.

Square du Clos-Feuquières : le conseil du 15e demande la mise en œuvre du projet alternatif

Voir la vidéo à 1h52

Nouvelle étape dans la défense du projet alternatif pour le square du Clos-Feuquières. Après sa présentation en conseil de quartier par les habitants réunis dans l’association Respiration Vaugirard, le conseil du 15e arrondissement a adopté un vœu à la maire de Paris demandant sa mise en œuvre. Le débat sur ce vœu au conseil de Paris est très attendu par les plus de 2000 riverains signataires de la pétition demandant à Mme Hidalgo de renoncer à son projet d’immeuble et d’engager l’agrandissement de l’espace vert.

Autres sujets importants pour nos quartiers évoqués lors du conseil du 16 mars : la sécurisation de la petite ceinture, à travers un vœu présenté par Hubert Martinez, et la suppression des trajectoires d’hélicoptères survolant les immeubles du 15e, avant la fermeture définitive de l’héliport.

Optimisme de la volonté

Michel Onfray nous propose de commencer l’année 2017 sous d’encourageants auspices avec un ouvrage sobrement intitulé Décadence, dont l’argument principal serait « la fin de la civilisation occidentale ».

Sans émettre le moindre avis sur ce livre à paraître, je constate seulement qu’il rejoint un rayon toujours enrichi de titres aux accents prophétiques où sont recensées, pêle-mêle, les causes supposées d’un déclin tenu pour inexorable. Cette littérature n’est pas dénuée de fondements : assurément, ceux qui avaient prévu l’avènement d’une paix universelle permise par la démocratie libérale et l’économie de marché se sont lourdement trompés dans leurs calculs.

Cependant, l’avenir est-il aussi sombre que le prédisent les auteurs de ces  succès de librairie ? Comme toutes les époques de mue, la nôtre est certes pleine de dangers… mais elle regorge tout autant de possibilités nouvelles! Voilà en effet que la multiplication – réelle – des risques pour nos sociétés nous enjoint de créer les conditions d’un sursaut tendu vers une prospérité partagée et durable, vers une compréhension plus grande entre les peuples et entre les individus. Voilà que nous sommes obligés de faire œuvre de discernement pour préserver ce que nous jugeons essentiel en procédant aux changements que nous savons inéluctables.

Face à ces défis immenses, l’obsession nostalgique entretient la dépression collective plus qu’elle ne génère de véritable solution. Alors, en cette année électorale, plutôt que de pleurer les temps révolus, puissions-nous faire nôtre la fameuse formule de Gramsci : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». N’est-ce pas justement la raison d’être de la politique ?

Béton contre Respiration

Image de gauche : représentation d’un immeuble sur la parcelle en lisière du square ; Image de droite : la même parcelle, sur laquelle a été projeté le visuel du projet alternatif porté par les riverains (vues d’architecte – crédits : association Respiration Vaugirard)

 

Étude de cas.

La semaine dernière, rendant compte du conseil de quartier Vaugirard du 9 décembre, je faisais une nouvelle fois état de la volonté de Mme Hidalgo d’ériger un front bâti en lisière du square du Clos-Feuquières, sur une parcelle jadis intégrée au square. Face à ce projet absurde, j’exposais l’idée alternative, portée par des riverains résolus à défendre la qualité de vie dans leur quartier, d’un agrandissement du jardin, accompagné de la création d’un espace intergénérationnel (lieu d’accueil de la petite enfance et club seniors). Depuis lors, la presse s’est emparée de l’affaire, dévoilant à un public beaucoup plus large l’étrange paradoxe cultivé, si j’ose dire !, par la municipalité parisienne, dont les promesses végétales s’effilochent contre les rugueuses façades des immeubles qu’elle entend construire sur chaque pouce de terrain disponible.

Mais il faut pousser le raisonnement plus loin si l’on veut comprendre en quoi le combat pour l’agrandissement du square du Clos-Feuquières est la mère de toutes les batailles.

Depuis 2001, la politique de la ville de Paris consiste à produire toujours plus de logements subventionnés. Discuter le bien-fondé de cette politique mériterait bien plus qu’un simple billet de blog. Notons simplement qu’au cours des quinze dernières années, le nombre de demandeurs de logements sociaux enregistrés dans la capitale a progressé 1,5 fois plus vite que le nombre de logements effectivement créés. Ce fait devrait au minimum nous amener à reconsidérer l’argumentaire de l’hôtel de ville et à travailler à l’élaboration d’une politique du logement vraiment profitable.

Sus, revenons à nos moutons. Selon l’Atelier parisien d’urbanisme (association directement reliée à la mairie de Paris et présidée par le conseiller socialiste du 15e Claude Dargent), le taux de logements sociaux par rapport au nombre de résidences principales tangente aujourd’hui les 20%. Si la loi « solidarité et renouvellement urbains » (SRU) de 2000 était demeurée telle quelle, Paris serait désormais en conformité avec ses prescriptions… Cependant, la loi Duflot de 2013 a relevé à 25% le taux minimal obligatoire de logements sociaux par commune à horizon 2025. Et Mme Hidalgo, élève particulièrement zélée en la matière, s’est acquis le soutien des communistes à l’élection municipale de 2014 en s’engageant sur un objectif de 30% de logements sociaux dans Paris intra-muros à horizon 2030. Entre 20% aujourd’hui et 30% en 2030, la marche est haute – très haute. En effet, le schéma directeur régional prévoit que Paris devra créer 4 500 logements neufs par an d’ici à cette date. L’évolution tendancielle du nombre de permis de construire délivrés chaque année est conforme à la perspective envisagée et semble devoir nous faire estimer à 1,24 million le nombre de résidences principales à Paris en 2030. Potentiellement, le parc conventionné pourrait ainsi passer de 230 532 logements début 2016… à environ 373 000 en 2030. Si par malheur l’exécutif parisien était renouvelé en 2020, la progression actuelle du nombre de logements SRU, de l’ordre de 7 500 unités par an (nouvelles constructions et opérations de préemptions confondues), devrait lui permettre d’atteindre le taux SRU de 25% à peu près dans les temps. Mais ce rythme resterait nettement insuffisant pour parvenir au taux pour l’instant chimérique de 30%.

Quoi qu’il en soit, Mme Hidalgo et son adjoint Ian Brossat ont clairement pris le parti d’augmenter la cadence, en exploitant le moindre terrain appartenant à la ville ou à l’État et en profitant des opérations privées pour imposer leur quota de logements SRU. Autrement dit en bétonnant à tout-va, comme précisément ils voudraient le faire en lisière du square du Clos-Feuquières, sachant qu’un tiers environ de la production est réalisé par des constructions nouvelles. Le nouveau plan local d’urbanisme n’est pas pour nous rassurer sur ce point, n’en déplaise aux écologistes qui ont voté ce document en échange de quelques arpents de verdure de piètre qualité, autant dire d’un plat de lentilles.

Alors, oui, il faut construire. Il faut construire pour aider les familles parisiennes à se loger décemment et parce que le dynamisme démographique et économique du grand Paris est à ce prix. Il faut construire dans la nouvelle aire métropolitaine, bientôt structurée par le super-métro. Et à côté de l’offre sociale, dans des proportions à redéfinir, il faut laisser fonctionner un secteur privé très contraint par une politique de préemption dont l’un des effets induits est de renchérir l’accès au marché locatif non subventionné.

Mais cette nécessité ne doit pas empêcher de construire avec discernement : pas partout, ni n’importe comment – qu’il s’agisse d’ailleurs de logement social ou de logement privé. Parmi les grandes métropoles européennes, Paris est, de loin, la plus densément peuplée. Préserver la qualité de la vie de ses citoyens en y développant et en y respectant les espaces verts et plus généralement les espaces de respiration, indispensables pour lutter contre la pollution et les phénomènes d’îlots de chaleur urbains, devrait donc compter au nombre des priorités de la mairie centrale – à moins bien sûr que Mme Hidalgo ne veuille faire de notre ville une gigantesque cage à poules. Nul doute que le sort du square du Clos-Feuquières aura valeur d’exemple dans ce combat qui dessine la place de l’humain dans la cité.

NB : Pour que les idées deviennent réalité, vous pouvez toujours signer la pétition mise en ligne par les habitants.

Sauvons le square du Clos-Feuquières! (et autres sujets de conseil de quartier)

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Voir la vidéo du conseil de quartier Vaugirard/Parc des Expositions du 9 décembre 2016

Après avoir obtenu la rénovation du square du Clos-Feuquières, grâce à une mobilisation massive des habitants, l’heure est venue d’empêcher qu’il ne finisse littéralement emmuré entre les immeubles. Tout à son objectif de bétonner chaque pouce de terrain disponible, la maire de Paris s’est en effet mis en tête d’ériger un front bâti de cinquante logements en lisière de ce petit oasis de verdure. Mais les habitants ont eu une autre idée, qu’ils ont posée sur le papier avec l’aide d’une jeune architecte: agrandir l’espace vert et y intégrer le club senior existant ainsi qu’un nouveau lieu d’accueil pour la petite enfance. Présenté lors du conseil de quartier du 9 décembre, ce beau projet alternatif – écologique et intergénérationnel – a été reçu sous des applaudissements nourris. Il est déjà plébiscité par les riverains (près d’un millier de personnes ont signé la pétition à ce jour) et soutenu par la mairie du 15e arrondissement… Il ne manque donc plus que l’hôtel de ville revienne sur ses plans et se rallie à cette solution de bon sens !

Vous aussi :

Découvrez le projet alternatif des habitants

Signez et faites signer la pétition pour agrandir le square du Clos-Feuquières

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Voir la vidéo du conseil de quartier Citroën/Boucicaut du 8 décembre 2016

Le conseil de quartier Citroën/Boucicaut du 8 décembre a été l’occasion de présenter, outre plusieurs projets d’urbanisme, la démarche de végétalisation de la rue André Lefebvre, portée par l’association nouvellement créée « Javel fais-toi belle ». Le conseil de quartier soutiendra ce projet notamment en faisant l’acquisition de jardinières sur son budget d’investissement.

Le genre charismatique, signe des temps

Je n’étais pas à la Porte de Versailles samedi soir pour écouter Emmanuel Macron, mais l’écho de son meeting a résonné comme dans la nef d’une cathédrale, bien au-delà du parc des expositions. Les chaînes d’information ont en effet retransmis un final quasi messianique au cours duquel l’ex-collaborateur de François Hollande et candidat de son propre parti, siglé comme tel !, à la présidence de la République, au bord de la lévitation, a surtout donné l’impression de professer une foi inaltérable en son propre destin. En vérité, celui qui se pose en recours en vue de la présidentielle peine à ouvrir une voie exempte de contradictions, notamment dans son supposé domaine de prédilection qu’est l’économie. Pour faire ainsi cavalier seul, se pourrait-il qu’il ait été galvanisé par les fêtes johanniques auxquelles il a récemment pris part ? Il ne serait pas un cas isolé… Signe des temps, le genre charismatique se décline désormais sur presque toute la surface de l’échiquier politique, d’une gauche mélenchoniste en pleine dérive autocratique à un FN dynaste où le vernis médiatique renouvelle le culte du chef. Entre les deux, le « capitalisme-anti-système » semble avoir trouvé son prédicateur. Le retour en force du mythe de l’homme ou de la femme providentiels est pourtant en décalage complet avec un électorat en demande d’un projet cohérent et d’une méthode collective pour sortir le pays de la passe difficile où il se trouve.